Les conditions d’accès à la profession sont définies au niveau européen par la directive du 29 avril 1996 modifiée par celle du 1er octobre 1998. Au niveau national, le décret n° 99-752 du 30 août 1999 est le texte de base.
Pour pouvoir exercer son activité, une entreprise de transport routier de marchandises ou de location de véhicules industriels avec conducteur destinés au transport de marchandises doit être inscrite au registre des transporteurs et des loueurs tenu par le préfet de la région dans laquelle est situé le siège de l’entreprise. L’inscription est soumise au respect de trois conditions : la capacité professionnelle, l’honorabilité professionnelle et la capacité financière. Ces conditions doivent être satisfaites pendant toute la durée de la vie de l’entreprise.
L’inscription au registre des transporteurs est obligatoire pour toutes les entreprises de transport et de location de véhicules avec conducteur ayant un établissement en France (même obligation pour les entreprises étrangères ayant une succursale en France).
L’inscription donne lieu à la délivrance de titres d’exploitation. Les dispenses d’inscription au registre concernent :
Le défaut d’inscription entraîne une condamnation pouvant aller jusqu’à 15000 euros d’amende et 1 an d’emprisonnement.
I - LA CAPACITÉ PROFESSIONNELLE (arrêté du 19/11/1999)
Attestation et justificatif sont délivrés par le Préfet de région.
La capacité professionnelle est assurée par une personne physique assurant la direction permanente et effective de l’activité de transport ou de location de l’entreprise, soit le représentant légal de l’entreprise, soit un salarié de l’entreprise exerçant les fonctions effectives de direction (obtention de la délégation de signature et de pouvoir (suffisamment explicite quant aux responsabilités pénales), être cadre avec une rémunération correspondant à sa fonction.
Il est à noter que l’évolution des moyens de communication peut permettre à u n représentant légal d’être capacitaire d’autres entreprises de transport, situées dans d’autres départements, à condition qu’il puisse prouver que malgré l’éloignement tous les moyens sont à sa disposition pour exercer réellement ses fonctions et le contrôle de ses chauffeurs, suivant l’appréciation de l’administration.
Un capacitaire gérant majoritaire de son entreprise de transport peut d’autre part exercer une activité salariée dans une autre entreprise. Ce gérant n’étant soumis à aucune limite horaire d’après l’article L 324-2 du code du travail.
L’attestation de capacité est délivrée :
Le justificatif de capacité (moins de 3,5 tonnes) est délivré aux personnes :
L’article 8 du décret du 30 août 1999 précise que le décès, l’incapacité physique ou légale du capacitaire laisse au préfet la faculté de maintenir l’inscription de l’entreprise pendant une durée d’1 an voir 18 mois.
L’honorabilité se définit par l’absence pour une personne physique d’antécédent judiciaire. Plus précisément, l’attestataire et l’ensemble des représentants légaux de l’entreprise doivent satisfaire à la condition d’honorabilité professionnelle.
Les représentants légaux sont : le commerçant chef d’entreprise individuelle, personnel, les associés et les gérants des sociétés en nom collectif, les associés commandités et les gérants des sociétés en commandite, les gérants des sociétés à responsabilité limitée, le président du conseil d’administration ou les membres du directoire et les directeurs généraux des sociétés anonymes, le président et les dirigeants des sociétés par action simplifiées, la personne physique qui assure la direction permanente et effective de l’activité de transport et qui doit répondre à la condition de capacité professionnelle.
Ces personnes ne doivent pas faire l’objet de certaines condamnations inscrites au bulletin n°2 du casier judiciaire :
ou
NB : tout chef d’entreprise a le droit de demander à vérifier son bulletin n°2 au greffe du tribunal de Grande Instance. De plus il est recommandé au chef d’entreprise poursuivi de demander au juge la non inscription du délit au bulletin n°2.
La capacité financière consiste pour l’entreprise à disposer de capitaux propres et de réserves ou de garanties d’un montant en rapport avec le nombre de véhicules qu’elle utilise et ce à tout moment.
Dans les trois mois de la clôture de l’exercice comptable, l’entreprise doit envoyer à la Direction Régionale de l’Equipement une nouvelle fiche de calcul (document CERFA n° 11415) permettant de vérifier qu’elle satisfait toujours condition de capacité financière. Elle doit être signée par le représentant légal et l’expert comptable ou le commissaire au compte ou le centre de gestion, accompagnée si nécessaire des attestations de garantie.
Pour les départements d’outre-mer, les montants sont respectivement de 600, 6000 et 3000 €.
Les capitaux propres sont constitués par la somme des éléments suivants :
Le total correspond à la ligne DL de la page 2-2051 de la liasse fiscale normale, et à la case 42 de la page 1-2033 de la liasse fiscale simplifiée.
Ne sont pas considérés comme des capitaux propres, les comptes courants d’associés ni les dettes de l’entreprise.
Le calcul de la capacité financière s’effectue en prenant en compte les véhicules moteurs possédés :
Ceux donnés en location avec conducteur sont pris en compte chez le loueur et chez le locataire si ce dernier est transporteur routier.
Sont exclus chez le loueur, les véhicules donnés en location sans conducteur et chez le donneur d’ordre, les véhicules utilisés dans le cadre d’un contrat d’affrètement.
La caution ne peut suppléer l’insuffisance de capitaux propres que dans la limite de la moitié de la capacité financière (soit 21800 € dans l’exemple ci-dessus).
Elle ne peut être accordée que par des banques, des établissements de crédit et des sociétés d’assurances habilitées, pour une durée d’au minimum un an.
Si les conditions de capacité financière ne sont pas remplies, ou en cas d’omission de déclaration, la D.R.E adresse une demande écrite de renseignements complémentaires. Le chef d’entreprise peut transmettre à la D.R.E tout document susceptible d’éclairer sa situation, solliciter un entretien et se faire assister d’un conseil. Un délai de trois mois à un an lui est accordé pour régulariser sa situation.
Toute fausse déclaration susceptible d’optimiser la capacité financière est passible d’une peine maximum d’emprisonnement de 2 ans et de 30000 €.
La C.S.A est saisie par la D.R.E lorsque celle-ci estime que la situation financière de l’entreprise s’est trop dégradée pour lui permettre de poursuivre son activité, ou lorsque celle-ci n’a pas régularisé sa situation à l’échéance du délai octroyé. D’autre part, elle peut aussi être saisie pour tout manquement à la capacité financière ou à l’honorabilité.
Au cours de cette procédure, il est possible de se faire assister par un spécialiste des questions financières ou un avocat.
Les 3 cas de la radiation à l’inscription au registre des transports sont les suivants :
Les règlements n° 1071/2009 et n° 1072/2009 du 21 octobre 2009 issus du « paquet routier » européen constituent le cadre commun de l’activité de transport routier pour tous les Etats membres de la Communauté européenne.
Le règlement n° 1071/2009 établit des règles communes sur les conditions à respecter pour exercer la profession de transporteur par route. Il entrera en application le 4 décembre 2011.
Ce texte introduit des dispositions nouvelles, qui s'imposeront aux nouvelles entreprises comme à celles déjà inscrites au registre des transporteurs, concernant :





